La prise en charge nutritionnelle gagne en reconnaissance, mais reste absente du Plan cancer fédéral
Bruxelles, le 9 octobre 2026 – Avec le nouveau Plan cancer fédéral, la Belgique franchit une étape importante dans la lutte contre le cancer. Danone se réjouit de voir la prise en charge nutritionnelle occuper une place croissante dans les réflexions sur l’amélioration de la qualité des soins oncologiques. La nutrition ne figure toutefois pas explicitement parmi les mesures concrètes du Plan cancer lui-même. Or, selon les experts, une intégration plus structurelle de la prise en charge nutritionnelle demeure essentielle pour améliorer la qualité de vie des patients et optimiser les résultats des traitements.
La dénutrition liée à la maladie reste aujourd’hui un problème sous-estimé et insuffisamment pris en compte dans les soins oncologiques. Pourtant, selon les estimations, elle touche plus de la moitié des patients atteints de cancer au début de leur traitement et a un impact majeur sur les résultats thérapeutiques et le rétablissement. Des études récentes montrent en outre que jusqu’à 20 % des patients atteints de cancer ne décèdent pas de la tumeur elle-même, mais des conséquences de la dénutrition1.
Une occasion manquée, malgré des signaux encourageants pour la prise en charge nutritionnelle
Malgré les preuves scientifiques de plus en plus nombreuses démontrant l’importance de la nutrition pendant et après les traitements contre le cancer, celle-ci n’a pas été explicitement intégrée dans les mesures concrètes du nouveau Plan cancer fédéral².
Les recommandations formulées autour de la qualité de vie et de l’après-cancer ouvrent néanmoins des perspectives encourageantes. Elles soulignent notamment l’importance d’un dépistage systématique des besoins en soins de support ainsi que de conseils nutritionnels et d’un accompagnement adaptés pour les patients³. Cette reconnaissance croissante du rôle de la nutrition dans le parcours de soins oncologiques constitue un signal positif. L’enjeu consiste désormais à la traduire en mesures concrètes et durables, afin que chaque patient puisse bénéficier d’un accompagnement nutritionnel adéquat tout au long de son traitement et de son rétablissement.
Les experts tirent la sonnette d’alarme depuis longtemps déjà
Aujourd’hui, seule une minorité de patients atteints de cancer bénéficie à temps d’un plan de soins nutritionnels, malgré le risque élevé de dénutrition. De plus, l’organisation actuelle des soins ne correspond plus à la réalité. Le financement des diététiciens oncologiques repose encore aujourd’hui sur le nombre de Réunion de Concertation Oncologique Multidisciplinaire de 2008, alors que les soins oncologiques et le profil des patients ont considérablement évolué au cours des deux dernières décennies. Les données du Registre belge du cancer montrent une augmentation de 27 % du nombre de nouveaux diagnostics de cancer entre 2008 et 2023, passant de 60 599 à 77 344 cas. C’est pourquoi des médecins, diététiciens, nutritionnistes et organisations de patients ont souligné, dans un livre blanc commun, l’importance de :
- un dépistage systématique et précoce ;
- des moyens suffisants et une reconnaissance adéquate pour les diététiciens ;
- un suivi continu des patients, y compris après l’hospitalisation.
« En moyenne, 10 % des nouveaux patients hospitalisés sont dénutris. Dans le cas du cancer et d’autres maladies graves, ce chiffre est encore plus élevé. La perte de poids, de masse musculaire et la diminution de l’appétit figurent souvent parmi les premiers signes qui conduisent au diagnostic. Nous savons comment agir face à ce problème, mais sa prise en charge reste freinée par un manque de connaissances en nutrition chez certains médecins spécialistes, qui ne sont pas formés à cette discipline. Nous constatons également une pénurie de professionnels spécialisés et de diététiciens dans les hôpitaux. La dénutrition passe dès lors encore trop souvent sous les radars », explique le Pr Elisabeth De Waele, responsable de la Nutrition clinique à l’UZ Brussel.
Les recommandations internationales soulignent depuis longtemps déjà l’importance du dépistage, du suivi et de l’intervention systématiques en cas de dénutrition⁴.
Bénéfique pour le patient, avec un impact positif sur les coûts des soins
En s’attaquant à la dénutrition liée à la maladie chez les patients atteints de cancer, la Belgique franchit avant tout une étape importante vers une meilleure qualité de vie pour les patients. Une meilleure prise en charge nutritionnelle peut contribuer à prévenir les complications et à soutenir le rétablissement. En outre, cette problématique a également un impact significatif sur le système de santé : la dénutrition liée à la maladie augmente le risque de séjours hospitaliers plus longs, de réhospitalisations et de complications supplémentaires. Les estimations européennes montrent par ailleurs que cela engendre chaque année près de 170 milliards d’euros de coûts évitables.
« Une étude néerlandaise⁵ récente montre que chaque euro investi dans le traitement nutritionnel rapporte 2,08 euros au cours de la première année de traitement, et 14,44 euros sur une période de traitement de cinq ans », poursuit Lieve Degrauwe, Director Specialized Nutrition chez Danone en Belgique. « Ce que cette étude montre surtout, c’est qu’une bonne prise en charge nutritionnelle soutient les patients pendant une période particulièrement vulnérable. Et ce qui est positif, c’est que ce qui est bon pour le patient s’avère souvent être aussi un investissement judicieux pour les soins de santé. L’étude montre en même temps que de tels investissements sont également bénéfiques pour la société, ce qui en fait une piste précieuse pour la Belgique. »
Une base importante pour la suite
Le nouveau Plan cancer constitue une base importante pour poursuivre l’amélioration de la prise en charge du cancer en Belgique. Danone espère que la reconnaissance accordée aujourd’hui à la nutrition dans les recommandations relatives aux soins de support se traduira à terme par une intégration plus structurelle de la prise en charge nutritionnelle dans les parcours de soins oncologiques, afin que chaque patient puisse bénéficier d’un accompagnement nutritionnel précoce et de qualité.
Pour plus d’informations sur la nutrition en cancérologie et les recommandations formulées dans le livre blanc :
https://www.nutricia.be/fr_be/aires-therapeutiques/cancer.html

Sources :
¹ Muscaritoli M, Arends J, Bachmann P, et al. ESPEN practical guideline: clinical nutrition in cancer. Clinical Nutrition. 2021;40(5):2898–913. Zhang X, Tang T, Pang L, et al. Malnutrition and survival in older adults with cancer: meta-analysis. J Geriatr Oncol. 2019;10(6):874-83.
² Service public fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement. Plan Cancer belge 2026-2036, publié le 9 octobre 2026. https://www.health.belgium.be/nl/nieuws/2026-10-belgisch-kankerplan-2026-2036
³ Sciensano. Cancer Plan Stakeholder Workshop Summary – Quality of Life & Survivorship, septembre 2025. Les recommandations mentionnent notamment un dépistage systématique des besoins en soins de support ainsi que l'intégration de conseils nutritionnels et d'un suivi nutritionnel pour les patients.
⁴ Cederholm T, Barazzoni R, Austin P, et al. ESPEN guidelines on definitions and terminology of clinical nutrition. Clinical Nutrition. 2017;36(1):49-64.
⁵ Ondervoeding in de zorg: behandeling loont - Een gezondheidseconomische analyse van ondervoeding